Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas eu la malencontreuse idée de feuilleter sans l’acheter, (pas de réflexions SVP pour l’instant, il y aura de quoi après) une revue cyclo que je ne prends jamais, et qui organise cette cyclosportive.

Donc j’apprends que cette année, il ne s’agira pas, comme d’habitude, de gravir  le Tourmalet ou la Madeleine, mais de sillonner sur 220 Km le massif central entre Limoges et St Flour.

Rendez-vous est pris pour fin Février pour envoyer l’engagement à découper dans la fameuse revue.
Ce périodique, déjà chez tous les marchands dès le 25/02 d’après le site officiel, était introuvable sur Angers et ce n’est que le 28 après midi (un samedi qui plus est) que j’obtenais le précieux sésame posté immédiatement accompagné de quelques (sic) euros.

Durant la quinzaine qui suivait, je surfais régulièrement pour vérifier ou en étaient les inscriptions, rien n’était affiché pour personne. Mais il était annoncé que les inscriptions étaient closes depuis le 03 mars. Une petite vérification des engagés fin Mars me confirmait la présence de quelques  « fusées RCA (*) »  mais pas de trace de ma personne : je faisais donc mon deuil de ce défi.

Le temps passe, et fin Juin, Lionel (**) me demande si j’ai reçu ma confirmation d’inscription.
« Et Bien non, d’ailleurs je ne suis pas retenu »
« Si, si tu es sur la liste des engagés ! »
En effet, je suis bien le N° 7542 et tout arrive le lendemain au courrier.

Brans le bas de combat.
Il faut tout organiser en quelques jours.

D’abord la logistique essentielle, trouver un lieu pour dormir la veille et le soir de l’épreuve, tout en sachant que Limoges sera ville étape et de départ du tour 48h après et que sont inscrits 8000 cyclos sans compter l’entourage !!!

Coup de fil au syndicat d’initiative (très efficace d’ailleurs).

Première information : pas d’hôtel libre dans un rayon de 70 Km !!!! Idem pour les gîtes !!!
Et les campings ?  » On se sait pas, je vous donne une première liste dans les 10 Km. »

La charmante voie aura la patience de me répondre à quatre reprises jusqu’à ce que je trouve mon bonheur (bof) à 30 km de Limoges dans le charmant village de Pierre-Buffieres, bien connu par les plus de 50 ans par son bouchon sur la N20. Depuis l’autoroute est passée par là.

Je passe sur les préparatifs mécaniques de la monture (changements des pneus, des chambres, des patins de freins, réglages divers, tout cela dans les soirées  précédant le départ).

Vendredi 09/07, je pars à 14H00 d’Angers (alors que le tour arrive !!) afin d’être si possible avant 19H00 à Limoges. Arrivée au village course vers 18H30 où je retire l’inscription, puis je me dirige vers le  « garage »  où je vais pouvoir laisser mon vélo.

Une explication est nécessaire pour bien comprendre la suite et ma décision:

Prenez votre temps, détendez-vous ,respirez bien fort … Vous êtes prêts ?
Bon j’y vais.

Étant tout seul dans cette aventure, il fallait trouver un moyen de revenir de St Flour à Limoges le soir de la randonnée, le dimanche (et pas en vélo merci).
Or était proposé un système qui permettait de revenir en car le samedi de St Flour après y avoir laissé sa voiture.
Je prends donc cette option.
Je prévois donc de laisser le vélo le vendredi  soir à Limoges ; le samedi matin, je pars à St Flour, en voiture, je reviens en bus au village départ, je reprends mon vélo et je rentre à Pierre-Buffière l’après midi pour me reposer.
Parfait, surtout que l’on m’assure que le premier car retour part à 09H00 de St flour…parfait.

Vous suivez ?

Donc après cette dure journée de Vendredi, je pars à la recherche de mon point de chute, qui est bien à 30 km de Limoges : charmant petit camping bien agréable, à l’accueil chaleureux … mais bien près de l’autoroute.
Inscription, choix de l’emplacement, montage de la tente, douche ….. Il est 21H00 passé et je me mets en quête, à pied, d’un petit bistrot ou resto.

Il y en a deux d’ouverts ce soir-là…Mais ils ont fini leur service!!!!
Retour vers le camping (2 km) et découverte d’un routier dans la pure « image d’Épinal du routier » : le repas sera copieux, plus que lourd, pas cher mais vraiment pas diététique.

Il est 22H30, je suis crevé et je m’endors de suite, après avoir mis le réveil à sonner aux aurores car je veux être dès 09H00 à St Flour.

Réveil 05H30, petit déjeuner, 3 heures de route, je suis au parking prévu avant 9H00. Tout baigne; nous sommes déjà une bonne soixantaine de courageux matinaux à attendre le premier bus de retour. On papote. Le temps passe . 09H30, 10H00, le nombre de candidats augmente…Mais les bus ne sont pas là.

Vers 10H30 arrivée d’un officiel qui s’excuse et nous explique que les bus prévus (base St Flour) étaient partis ailleurs et qu’il en  a fait venir d’autres de …Limoges !!!!!

On est pas rentrés !!

À 11H00 arrive enfin le bus tant espéré; en poussant un peu j’arrive à m’y asseoir, on part enfin… et l’on s’arrête une heure après, le chauffeur nous disant qu’il faut qu’il fasse une pause obligatoire d’une heure car il est parti depuis ce matin !!!

On reste calme, on respire fort, on ne crie pas !!! J’essaie de somnoler un peu dans le bus.

L’arrivée à Limoges se fait enfin à 17H00 !! et j’ai un peu faim !!

Je vais chercher le vélo et avant de partir vers Pierre Buffières, je demande à un organisateur comment se rendre à cet endroit :
 » bien, c’est tout simple, tout droit par l’autoroute  »
 » Non, je suis en vélo  »
« Je ne sais pas, personne n’est d’ici !!!  Allez voir au syndicat d’initiative »

Lequel syndicat d’initiative est en plein centre ville. Et me voila traversant tout Limoges en vélo à 17H00 un samedi après midi !!!

Là, aucun problème, la personne rencontrée fait du vélo, et me donne trois itinéraires possibles selon mon degré de forme : j’ opte pour le parcours moyen et à 19H00 je suis enfin revenu.
L’ après-midi de récupération est bien entamée.
Je mange rapidement un plat tout prêt « spécial homme seul en camping ne voulant pas faire la cuisine »,

je vérifie le matériel…. Et monte les lumières sur le vélo, car le départ est à 07H00, il vaut mieux y être 1H00 avant et j’ai 30 Km de montagnes russes à faire. Au moins je partirai échauffé.

Mauvaise nuit. Enervement. Bruit de l’autoroute. Crainte de ne pas se réveiller à l’heure.

04H30. Je suis parti dans la nuit noire, baudrier, lumières, on se croit dans un brevet PBP (***).

Et oh surprise, en sortant du village, un bus me double et s’arrête : 15 cyclos d’un club de Toulouse, me proposent de m’amener au départ, me soulageant des 30 km prévus. Un grand merci à eux.

Me voilà donc arrivé plus d’une heure à l’avance dans mon sas de départ (le dernier). Une heure à attendre, à gamberger, à se frigorifier, à se dire que  fait on là…

07H00

Ça y est, c’est parti. 2 bons Km avant de passer le vrai départ.

Je reconnais Poulidor sur la ligne, lui ne m’a pas reconnu, il est vrai qu’on est très nombreux.
Les premiers Km se passent bien, assez vite, mais sans trop de folie, quant …. Pschitt…. Crevaison….
En haut de la première vraie montée….Et de l’arrière !!!!
Et M…., et M….. et M….. !!!! On répare, sans trop s’énerver, assez vite. Mais bon, je suis parti avec deux chambres de secours, et déjà une de foutue!!

On repart !

20 Km corrects, le parcours est bien vallonné, la moyenne imposée ne va pas être facile à tenir, mais cela va, 26 Km dans la première heure (avec la crevaison) , pour moi c’est bien ….Et Pschitt !!!! ce n’est pas vrai !!!!! deuxième crevaison !!!! et cette fois devant !!!!!
Deuxième réparation !!
J’ai fait 35 Km au plus, je n’ai plus de chambre de secours, mais il me reste deux rustines !!! Le moral est au plus bas.

Il faut quand même rallier St Flour, puisque j’y ai laissé la voiture !!! La suite est déjà difficile, surtout que le moral n’y est pas trop.

En haut du premier col répertorié, j’ai entraperçu la voiture balais. Pas bon signe.

La descente se passe bien assez rapide, quand soudain un concurrent vient me percuter à l’intérieur dans une courbe.
Il vient de casser sa fourche et n’a pas trouvé mieux que de me percuter !!!
Tout le monde dans le bas coté !!
Le cuissard est un peu déchiré et j’ai mal à la hanche.
J’essaie de repartir (mon télescopeur est navré, mais il n’y peut rien) quelques Km mais la tête n’y est plus.

Je n’ai fait que 110 Km et il en reste autant. J’arrête. Je monte dans le bus balai, laisse le vélo dans le semi réservé pour le transport des vélos…je m’assoupis un peu … et tout d’un coup arrêt du car, pour la même raison que samedi !!! trop conduit depuis ce matin !!!!

Nous n’arriverons à St Flour qu’à 16H00 … pour apprendre que le semi des vélos à un problème technique, qu’il aura un certain retard. Le vélo ne sera récupéré qu’à 19H00, et il faut que je refasse en voiture toute la route jusqu’à Limoges.

22H30 Pierre-Buffieres.
Je me couche de suite,ayant prévu de partir demain, après une grasse matinée, vers les Pyrénées.

Mais il s’agit vraiment d’un Week End d’enfer, car je suis réveillé à 06H00 par des trombes d’eau.
Heureusement la tente est bien étanche.
À la première éclaircie, vers 10H00, je jette toutes les affaires dans la voiture et la tente trempée dans le coffre.

Adieu Limoges Adieu St Flour Et Vive le Vélo !!!

(*) RCA = Randonneurs cyclos de l’Anjou, club renommé d’Angers
(**) président du dit club
(***)  PBP = Paris Brest Paris, épreuve d’endurance de 1200 km qui émoustille terriblement les adhérents du dit club

Publié par dominique

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