Madame la candidate aux primaires socialistes,

Je me permets de vous adresser ce courrier pour vous donner le sentiment d’un simple médecin généraliste sur certaines de vos propositions faites lors du 3ème débat avant le premier tour des primaires.

Pendant les deux premières « joutes », les échanges me paraissaient globalement judicieux, réfléchis, sortant du dogmatisme rigide que le PS sait avoir hélas de temps en temps.

Est arrivé le sujet sur la santé et les zones sous médicalisées.

Je résume de façon succincte et provocatrice (à mon tour) :

Les jeunes diplômés , enfants de nantis et futurs nantis, obligeons-les à s’installer dans les zones en voie de désertification, surtout que c’est la collectivité qui a payé leurs études.
 

Permettez-moi de vous donner ma position sur ces affirmations.

Les études payées par la collectivité.

Oui, les études des futurs médecins sont en partie prises en charge par la collectivité, mais ce ne sont pas les seules …

C’est une chance qu’une société propose, en théorie, à travers le financement de son système éducatif (même si le pouvoir actuel tend à le détruire), un accès à la connaissance et à la formation, quel que soit son niveau de ressources de départ.

Tous les étudiants passant par les facultés publiques, oui tous, toutes filières confondues, bénéficient du financement de l’état pour leurs études (constructions de facultés, salaires des professeurs, sécurité sociale étudiante …); études qu’ils ne paient pas à prix coutant.

Ceci n’est pas réservé qu’aux futurs médecins.

De plus, très tôt et pendant de nombreuses années, les étudiants en médecine favorisent un fonctionnement à  moindre coût de la machine hospitalo-universitaire. Si le travail très important des externes et internes était rémunéré à sa juste valeur, son budget exploserait.

Je ne pense pas que dans votre projet, vous envisagiez de rendre les études, quelles qu’elles soient, plus difficiles d’accès en augmentant la part de financement des étudiants et de leurs parents et en diminuant la part de l’Etat.

Les zones désertifiées.

L’obligation que vous proposez ne résoudra rien et ne prend pas en compte les multiples raisons de cette constatation.

D’abord les bases de la formation des médecins conduisent à une désertification qui est nationale et pas seulement au fin fond du Nord ou de la Saône et Loire (petite pique pour un ex-candidat aux primaires qui croit toujours l’être, mais qui ne l’est plus, et qui soutenait hélas vos propositions).

Le lobbying hospitalo-universitaire et les visions à très court terme de syndicats ancrés dans le non-changement font que le nombre de médecins formés ne tient compte ni de l’augmentation de la population, ni de son vieillissement, ni des changements de fonctionnement de la société.

D’ici peu d’années, la désertification sera générale.

Ensuite, le non-remplacement ou la disparition d’un médecin dans un village et/ou une petite ville est souvent soit annonciateur, soit concomitant, soit la suite de pertes d’emplois locaux indispensables au lien social.

Plus de boulanger, moins de classes d’école, plus de boucher, plus de bureau de poste … il n’y a pas que le médecin qui manque …

L’incitation, voire l’obligation d’une installation dans une telle zone, peut se comprendre s’il s’agit d’une véritable politique planifiée d’aide à la non-désertification de certaines régions, en englobant tous les métiers et les activités nécessaires à la revitalisation d’une ville ou d’un village, et ce sur la base du volontariat.

Il ne s’agit pas là d’imposer juste un type d’activité pour « sauver les meubles », mais de reconstruire et redonner de l’attrait à ces zones en voie de désertification.

Permettez-moi de vous conseiller, à vous et à vos collaborateurs , de consulter un certain nombre de blogs médicaux tenus par des praticiens jeunes et moins jeunes qui témoignent de leurs vraies difficultés actuelles dans ce si beau métier.

Sincères salutations

Publié par dominique

Un commentaire

  1. La « montée des marches » vers le sacre de candidat à la candidature sous les flashes des photographes, des commentaires des journalistes, des applaudissements de la foule dont on entend la clameur… Qu’il est beau notre Hollande national dès qu’il apparaît sur un plateau. La condescendance devient de mise dans la tête des lècheurs de tous poils… Et s’il devenait Président de la République? Qu’en serait-il de ma carrière? Nous ne sommes plus en janvier 2010 à estimer la faible médiatrie de Hollande chez Drucker accompagnés des sarcasmes de circonstances. Non! l’idole naissante, présentée comme l’alternative la plus crédible au sarkosysme, fait feu de tout bois. Quand il sourit à la caméra. Il nous fait oublier les manifestants anti-Wall Street, la rigueur budgétaire, les attentats à la bombe ici et là, la violence en Lybie, en Egypte, en Syrie… le plongeon des banques… C’est irréel! c’est encore plus beau que dans mes rêves les plus fous. Le sauveur va nous délivrer des tracas de la vie normale. « Hasta la victoria siempre » bien sûr!

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